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Comment préserver son allaitement pendant les fêtes de fin d’année ?

par Fanny Bellaray
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Les fêtes de fin d’année, sont bien là et vous vous demandez comment votre allaitement va survivre à tout cela.

Pour que la magie de Noël ne transforme pas votre allaitement en vilain cauchemar, voici mes conseils.

Mais avant de vous les livrer, laissez-moi vous expliquer pourquoi ces fêtes sont une période sensible pour votre allaitement maternel.

Pourquoi?

Fatigue, rythme effréné

Le rythme parfois effréné que vous vous imposez pendant les fêtes, vous fatigue. Votre quota de sommeil est souvent impacté, de même que votre équilibre alimentaire. Si vous recevez, ou que vous devez prendre la route pour un long trajet, vous pouvez être un peu plus stressée. Dormir ailleurs que chez soi, ne plus avoir ses repères peut aussi  perturber votre routine et générer une forme de stress qui sera néfaste pour votre lactation. On peut par exemple avoir une diminution du réflexe d’éjection, ou une baisse de lactation faute de sommeil suffisant ou à cause du stress.   

Risque de confusion biberon, tétine

Lors des différentes célébrations et réunions, vous pourriez être tentée (à tort) d’initier bébé à quelques biberons, ou à la tétine histoire de faire patienter jusqu’à une prochaine tétée.

Votre bébé pourrait être déstabilisé par l’introduction d’un nouveau mode de succion et vous rendre finalement la vie plus difficile que si vous l’aviez laissé au sein. Si vous souhaitez réellement introduire des biberons de lait maternel, il est toujours préférable de débuter lorsque les conditions sont plus « habituelles », donc en dehors des fêtes de fin d’année. Encore que le biberon ne soit en rien une obligation pour donner le lait. D’autres méthodes existent comme la tasse, la paille au doigt… J’en ferai un article très prochainement.

De plus, ayez en tête que le risque de confusion est bien réel. L’alimentation au biberon étant plus facile pour votre bébé (le lait coule presque tout seul), votre bébé pourrait prendre le biberon facilement mais refuser le sein ensuite. Un bébé prend vite l’habitude quand le lait coule tout seul et pour le remettre au sein c’est parfois très compliqué. D’autres bébés ne sont pas perturbés, mais comment savoir à l’avance ? Il faut, quoi qu’il en soit être conscient du risque.

Grève de la tétée

Autre risque: la grève de la tétée. J’en parlerai plus longuement dans un article futur mais pour expliquer rapidement.

C’est un bébé de moins d’un an qui refuse de téter. Pas parce qu’il se sèvre naturellement  (C’est plutôt rare avant un an) mais parce qu’il vit une situation déstabilisante qu’il ne sait pas exprimer autrement.

Infection, douleur dentaire, sensation désagréable ou inhabituelle (odeur), situation stressante (séparation, changement de rythme des tétées, changement d’environnement,  réaction vive de la maman suite à une morsure)

C’est promis je vous en parlerai plus en détail une prochaine fois. Mais si cela vous arrive, ne tombez pas dans le piège de donner un biberon. Préférez la tasse ou un autre moyen. En effet, la grève qui ne dure que quelques jours, pourrait se transformer en sevrage induit empêchant tout retour au sein.

 

L’entourage et ses mots « bienveillants »

Qui dit fêtes, dit réunions de famille.

Qui dit famille dit… Réflexions pas toujours bienveillantes  – ou encourageantes – vis-à-vis de l’allaitement maternel et de votre choix.

« Tu es sure qu’il boit assez ? »

« Et comment tu sais si ton lait est bon ? »

« Moi, je n’ai pas allaité et regarde ce que sont devenus mes enfants »

« Ce serait quand même sympa de partager ton bébé et me laisser lui donner un biberon, en plus tu serais moins fatiguée ! »

« A lui donner le sein à tout va, tu vas en faire un enfant capricieux, il ne sera pas autonome »

« Depuis que Schtroumpf, le fils de ta cousine prend des biberons, il fait ses nuits, tu devrais en faire autant »

BLA, BLA BLA ….

 

Mais qu’est ce que ça peut faire mal toutes ces phrases ! Surtout quand on se donne tant de mal pour que ça marche. Et qu’est ce que ça fait mal quand ces phrases sont celles des personnes les plus proches et qu’on aime le plus. Nos parents par exemple (expérience vécue pour certaines phrases)

Et quand on a mal, qu’on est déçue, que le doute nous guette… c’est notre lait qui fini par nous faire mentir et donne raison à tous nos détracteurs.

Si tout va bien, que tout est bien en place et que vous êtes sure de vous, pas de problème !

Les mots glisseront sur vous sans vous atteindre. Mais si, à ce moment, vous êtes un peu fragile, sensible, susceptible… Si votre allaitement est encore un peu balbutiant (et c’est normal !) que vous manquez de confiance en vous…

Les mots pourraient vous atteindre un peu plus que d’habitude, générer un stress, une contrariété et vous faire perdre vos moyens. Je vous renvoie aussi aux premiers paragraphes ou je parle du stress et de ses effets sur la lactation.

Voilà un petit panel ce que vous pourriez rencontrer comme situation durant ces fêtes de fin d’année. Peut être aurez vous de la chance et peut être vous serez épargnée, mais juste au cas où, voici quelques conseils pour préserver votre allaitement pendant les fêtes de fin d’année.

Comment survivre aux fêtes quand on allaite ?

 

Se préserver physiquement 

Evitez de courir partout, cette année, laissez faire les autres. Si vous recevez, demandez de l’aide. Si vous êtes reçue, l’avantage est qu’il ne vous restera plus qu’à « mettre les pieds sous la table ». Vous inviterez l’année prochaine 😉

Essayez d’éviter au maximum une dette de sommeil et si vous le pouvez, ne boudez pas une petite sieste entre deux tétées avant de partir festoyer.

Hydratez-vous autant que possible et continuez à vous alimenter correctement sans forcément faire d’excès. Mangez à votre faim et si possible privilégiez la qualité à la quantité.

 

Se préserver moralement

Fermez vos oreilles face aux remarques et réflexions de l’entourage. (S’il y en a). Laissez couler, ne dépensez surtout pas votre précieuse énergie dans des argumentaires inutiles.

Si Papa est prêt à monter au créneau, laissez lui ce rôle, mais le mieux c’est encore d’ignorer et d’éviter les débats qui n’amènent à rien et risquent de plomber quelque peu l’ambiance.

Restez droite dans vos bottes, les plus insistants se fatigueront tous seuls.

 

D’abord les tétées, ensuite le reste!

Ne manquez aucune tétée. Poursuivez tant que possible le rythme des tétées en suivant vos habitudes. Cela contribuera à maintenir votre lactation en la stimulant. En sautant une, deux tétées… Vous risquez de voir rapidement diminuer votre production de lait et là, bonjour les ennuis.

Évitez tant que possible les situations qui favorisent l’oubli de tétées. (Longs trajets en voiture, siestes à rallonge quand le bébé est bercé de bras en bras)

Si vous êtes reçue, n’hésitez pas à solliciter votre hôte en avance pour qu’il vous réserve un espace au calme et en libre accès. Ce peut être une chambre, un bureau… ou tout autre endroit au calme. Prévoyez une tenue qui facilitera les tétées. Ce n’est peut être pas le bon jour pour mettre votre robe pull à col roulé ou votre combinaison moulante zippée dans le dos …

Certaines d’entre vous n’auront aucun problème pour allaiter dans la pièce de réception et leur bébé ne seront pas perturbées par le bruit ambiant. D’autres auront besoin de calme et d’intimité. C’est à voir selon votre situation et les habitudes de votre bébé.

Idéalement, conservez une proximité avec votre bébé. Vous pouvez même élégamment éviter d’en être séparée en le portant en écharpe. En plus de vous permettre de rester attentive aux signes d’éveil et aux besoins de celui-ci, cette solution aura pour avantage d’éviter les manipulations et l’exposition aux bruits, aux microbes (en ces mois d’hiver) ou toute autre situations inconnues et stressantes pour un bébé.

Je ne dis pas de mettre votre enfant dans une bulle ou sous cloche. Mais selon le type de réunion à laquelle vous participez vous saurez dans quelle mesure il est préférable de préserver votre enfant.

A vous de juger selon votre personnalité et celle de votre enfant. Vous êtes la mieux placée pour savoir ce dont vous avez besoins tous les deux.

N’oubliez pas d’impliquer le papa dans cette réflexion et dans la logistique de cette journée. Il peut être d’une grande aide, ne le négligez pas!

 

Ne pas chercher à changer les habitudes (biberon, diversification …)

Introduire un biberon, un pot, cela peut être séduisant en cette période. Vous serez peut être tentée de vous dire que cela sera plus pratique. Ne tombez pas dans le piège !

Ces temps de fêtes, de réunions en société, sont les pires moments pour changer les habitudes de votre bébé (et les vôtres). Ces moments ne sont pas du tout propices par exemple à une diversification surtout si elle est anticipée ou à l’introduction d’un biberon/ d’une tétine.

Je vous parlais plus haut du risque de confusion sein/biberon et celui de la grève de la tétée. Soyez vigilante.

Réservez des temps de disponibilité pour les tétées, préservez au maximum les habitudes de bébé (environnement, temps de sommeil/ temps de tétées…). Ce sera votre meilleur angle d’attaque pour passer les fêtes sans encombre.

Enfin, profitez!

Même si cette année, l’organisation sera un peu différente, ne perdez pas de vue que les fêtes de fin d’année sont avant tout des moments de convivialité, de partage et de joie. Profitez donc !

Côté assiette, rien n’est interdit à part peut être l’alcool … Et encore !

Le taux d’alcool dans le lait, est le même que celui du sang de la mère et il suit la même cinétique. C’est-à-dire que son taux augmente et diminue de la même façon en fonction du temps. Autant dire que la quantité d’alcool présent dans le lait après la consommation d’un verre d’alcool est infiniment petite. Toutefois, les puristes vous diront qu’on ne connait pas les effets chez le bébé même à très très faible concentration.

Pourrez-vous quand même accepter une petite coupe de bulle ?

Oui, vous pouvez vous autoriser un petit verre. Idéalement, si votre bébé vient de téter et que vous ne pensez pas l’allaiter avant 3 heures. ( Le temps que l’alcool présent dans votre sang soit métabolisé et disparaisse).

Vous pouvez aussi prévoir d’extraire un peu de votre lait avant – que vous administrerez à la tasse – au cas où bébé réclame dans les 3 heures qui suivent votre consommation.

Si vous n’êtes pas tranquille, pas certaine de l’heure de la prochaine tétée, vous apprécierez davantage une boisson sans alcool qu’un verre d’alcool bu avec une arrière pensée de culpabilité, et d’incertitude ! Croyez moi !

L’abstinence est encore le meilleur moyen de ne pas se prendre la tête. Il y aura bien d’autres Noël pour faire quelques écarts 😉

J’espère que mes conseils vous aideront à passer de belles tétées de fin d’année

Je vous retrouverai avec plaisir l’année prochaine pour de nouveaux articles, podcasts et autres projets qui mijotent dans ma marmite à idées.

Joyeux Noël à toutes

Fanny Bellaray

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