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Réflexe d’éjection fort (ou REF) : Comment l’apprivoiser?

par Fanny Bellaray
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Avant ton allaitement, tu avais peur de manquer de lait.

Oui mais voilà, maintenant que tout est en place, il se produit tout l’inverse!

Tu as beaucoup de lait, et il sort trop vite et trop fort au point de rivaliser avec une des plus grand marque de nettoyeurs à haute pression.

Résultat: Bébé n’aime pas du tout ça. Il s’agite, s’étrangle en tétant, interrompt la tétée avec frustration (voire les refuse malgré la faim). Il fait beaucoup de rots, souffre de coliques, de selles vertes à souhait…

Bref, ce qui paraissait au début super cool, commence à devenir un vrai calvaire pour vous deux.

Et si c’était un réflexe d’éjection fort ou REF ?

Un REF qu’est-ce que c’est ?

Quand le bébé tète, il stimule :

  • ta production de lait (et l’hormone qui l’induit: la prolactine )
  • l‘éjection de ton lait (grâce à  l’ocytocine, une autre hormone)

L’ocytocine entraîne la contraction de cellules musculaires, situées autour des alvéoles et des micro-canaux qui contiennent ton lait. Ce sont leurs contractions qui permettent au lait de progresser jusqu’à la sortie (par les pores).

La libération de l’ocytocine est provoquée par la stimulation de l’ensemble mamelon-aréole et/ou par des stimulations sensorielles variées. Vue, toucher, odorat, ouïe. Le simple fait de penser à son bébé peut déclencher chez la mère un pic d’ocytocine, responsable de l’éjection du lait.

l’ocytocine arrive par pic. Il y en a plusieurs par tétée. Et à chaque pic, un nouveau réflexe d’éjection. Mais c’est souvent le premier qui est le plus fort et le plus ressenti par les mamans.

Chaque maman ressent différemment ce réflexe d’éjection, et chaque réflexe d’éjection est différent selon les mamans.

Parfois, il est très intense et provoque une sortie de lait très abondante, trop rapide et trop puissante.

C’est le réflexe d’éjection fort ou le REF.

dérivés opioïdes.

Le réflexe d’éjection est involontaire. Il est toutefois sensible à l’état émotionnel de la maman et notamment au stress qui l’inhibe. Certaines molécules diminuent aussi le réflexe d’éjection : c’est le cas de l’alcool ou des opiacés par exemple.

Pas toutes égales

Chaque femme est différente et il est donc normal de rencontrer des différences dans la force d’éjection du lait.
Mais en plus de cette variabilité, viennent s’ajouter d’autres données qui ont-elles aussi leur variabilité.

 

Capacité de stockage et de production

Selon les femmes, les seins stockent plus ou moins de lait maternel. Il faut retenir qu’en fonction des quantités stockées, le nombre et la durée des tétées sur une journée (jour + nuit ) varie.

Certaines femmes produisent ce qu’il faut de lait en 24 heures mais en stockent un peu à chaque fois. Ceci amène leur bébé à téter de plus petites quantités mais moins souvent.

A l’inverse, d’autres femmes stockent beaucoup de lait dans leurs seins. Ceci permet à leur bébé de téter moins longtemps et en plus grande quantité. Ces bébés espacent aussi naturellement leurs repas. Parfois, les mamans ont tellement de lait disponible en stock, que le bébé est rassasié au bout de quelques minutes à peine et réclame moins souvent le sein. Ce sont des bébés qui malgré le faible nombre de tétées on une courbe de croissance impressionnante ! Ils explosent les compteurs

Ces mêmes mamans, ont de grandes fuites de lait, elles trempent leurs draps, leurs coussinets d’allaitement…

Capacité de production

Pour des raisons variables, certaines femmes ont des capacités de production de lait différentes.

Cela s’observe d’une femme à une autre, mais aussi d’un sein à l’autre. Ainsi, on observe parfois de grosses différences de production entre les seins d’une même femme.

Parfois il y a une explication : Malposition de l’enfant sur un des deux côtés qui entraîne une mauvaise stimulation et des blessures, préférence d’un sein causée par un inconfort, une douleur chez le bébé.

Parfois, cela relève juste de l’asymétrie naturelle du corps.

Reconnaître un réflexe d’éjection fort

 

Signes chez la maman

Chez la mère, un REF peut être associé ou non à une hyperlactation.

L’hyperlactation peut venir intensifier la problématique mais un réflexe d’éjection fort peut à lui seul être très gênant.

Si tu as un réflexe d’éjection fort,  tu observes surement que ton lait sort en jet et très fort.

Tu peux remarquer au début de l’allaitement de petits jets. Tu l’observes aussi peut être lorsque tu es sous la douche. C’est un phénomène normal qui se voit surtout pendant les premières semaines de l’allaitement, quand la production est en cours de calibrage. Le matin, il peut aussi arriver que le lait sorte un peu plus fort et fasse un peu tousser ton bébé en début de tétée.

Cela n’est en rien un réflexe d’éjection fort.

C’est d’ailleurs un phénomène qui n’est pas constant sur une journée et au fil de la mise en place de l’allaitement. Il n’est pas durable et n’impacte pas sur le long terme.

Le réflexe d’éjection fort, c’est le lait qui sort tellement fort, vite et en abondance qu’il gène le bébé. Parfois, bébé peut réussir à gérer le flux en interrompant la tétée ou en laissant couler le lait en surplus. Mais il arrive souvent que d’autres bébé toussent ou s’étranglent.

Cela occasionne souvent des tétées agitées et bruyantes source de frustration pour maman et bébé.

Cela peut concerner un sein ou les deux.

 

Côté bébé…

En dehors de la frustration provoquée par l’interruption de la tétée, on retrouve des pleurs surtout en soirée, des régurgitations importantes, des coliques et des selles vertes.

Les selles sont vertes car le REF empêche le bébé de profiter pleinement de la tétée, notamment des graisses de fin de tétée.

Cela entraîne à court terme un inconfort intestinal à type de coliques et des selles vertes bien souvent explosives. Elles sont le signe d’une ingestion de lactose déséquilibrée par rapport aux graisses.

A long terme, on observe chez certains enfants une stagnation de poids, majorée par le refus de certaines tétées malgré la faim.

Le bébé à aussi tendance à modifier sa technique de succion de façon à contrôler ce flux important. Il en résulte inéluctablement des conséquences parfois douloureuse pour la maman au niveau des mamelons.

Si tu as des crevasses, cet article pourrait t’intéresser : Comment éviter ou  soigner une crevasse ? 

Tu peux aussi observer peut être que ton bébé refuse le changement de sein après un début de tétée sur l’autre sein. Il peut aussi refuser de s’endormir au sein, pincer le sein ou comme décrit précédemment faire la grève de la tétée.

Que faire si j’ai un réflexe d’éjection fort ?

  • Arrêter ce qui peut aggraver ton REF

Le port au long court de coquilles, la consommation tisanes ou extrait de plantes galactogènes. Le tire-lait si son utilisation n’est pas justifiée

  • Vérifier si en plus du REF, tu n’as pas une hyperlactation.

Auquel cas, il serait intéressant de calmer le jeu en calibrant la production de lait. Mais attention, il faut en être sure car sinon c’est l’inverse qui se produira : une lactation insuffisante. En cas de doute, il est toujours bon de s’adresser à une personne compétente pour objectiver une hyperlactation.

  • Adapter ta position pour allaiter

Certaines positions pour allaiter, réduisent la force de jet par effet de pesanteur.

Parmi les plus efficaces dans l’ordre :

« Biological nurturing » ou BN, la position reine!

biological nurturing

« Ballon de rugby » dans sa version inclinée en arrière

« Ballon de rugby » position

« Allongée sur le côté » pour que bébé laisse le lait en surplus couler sur le côté

maman allaite bebe allongee

« A califourchon » pour les plus âgés

bébé tète à califourchon

« Vertical » en écharpe

portage et allaitement maternel

Mais cette dernière position nécessite de maîtriser ce type de portage.

  • Augmenter la fréquence des tétées.

Tu as surement envie de faire le contraire, en les espaçant, mais il faut à l’inverse en augmenter la fréquence. De cette façon, ton sein sera moins engorgé, et ton bébé gérera mieux le flux de lait

 

  • Profiter de l’état de semi-éveil ou éveil calme pour allaiter

Plus ton bébé est calme et détendu, plus il tétera doucement. Le lait coulera plus lentement et ton bébé saura mieux gérer le flux. De plus, il aura moins l’occasion d’avaler de l’air ou de faire de fausse route.

 

  • Expression manuelle et compression mammaire

L’expression manuelle de début de tétée associée à la compression du sein peuvent être très utile pour « casser » la force des premiers jets. Une fois le premier réflexe passé, tu peux commencer la tétée plus sereinement avec ton bébé. Pour ne pas gâcher, tu peux même recueillir ton lait dans une coupelle.

  • Un seul sein à la fois (avec prudence)

Même si il est conseillé de proposer les deux seins à chaque tétée, tu peux, comme certaines mamans, envisager de ne faire téter qu’un seul sein par tétée.

Cela évitera à ton bébé de devoir gérer deux fois le REF sur une même tétée.

Cette technique ne marche que si et seulement si tu n’as pas de doute sur ta production de lait. Car cette technique freine la lactation. Elle n’est envisageable que si le REF est associé à une vraie hyper lactation.

C’est une technique de « secours » à utiliser après toutes les autres mesures. Elle reste temporaire et doit être revue après quelques jours.

Le risque ? Diminuer trop fort la lactation jusqu’au VRAI manque de lait. Ce serait dommage d’en arriver là à cause d’une erreur d’appréciation. 

Une surveillance des urines et des selles est indispensable pour s’assurer que ton bébé continue à prendre ce qu’il faut.

N’oublie pas de soulager légèrement l’autre sein par une petite expression manuelle, histoire d’éviter d’autres désagréments comme un engorgement ou une mastite. Plus d’information sur l’engorgement dans cet article 

Dans cette situation il est préférable de te faire accompagner si tu n’es pas sure de bien comprendre le fonctionnement de ton corps et de ta lactation.

 

  • Impact de l’alimentation chez la maman?

Certaines mamans rapportent un lien de cause à effet entre certaines consommations alimentaires et leur REF.

J’ai recensé les produits lactés et le chocolat (La poisse si on ne peut plus manger de chocolat, c’est la mort ! Enfin pour moi !)
Mais pas la peine de paniquer non plus, aucune étude sérieuse n’a pu encore le confirmer. (Sortez les tablettes les filles !)

En résumé

Ce qui est certain, c’est que le réflexe d’éjection fort, associé à une hyper lactation peut être aussi gênant qu’un manque de lait.

Il est nécessaire de le reconnaître et d’en limiter les désagréments avec sérieux car cela peut mettre tout autant en péril un allaitement maternel et conduire à un sevrage non désiré.

Tu as maintenant quelques clés pour discerner un vrai réflexe d’éjection fort, d’un réflexe normal et physiologique. Je t’ai apporté quelques pistes pour en limiter la gêne mais n’hésite pas à te faire accompagner si tu es dans ce cas car chaque situation est unique et spéciale.

Il n’y a pas une réponse, une solution universelle. Cela dépendra de ton bébé, de toi, de votre environnement, de vos habitudes.

A très bientôt
Fanny Bellaray

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